histoire
mondiale
de ton âme

texte

ENZO CORMANN

mise en scène

philippe delaigue

 
→ présentation

« Comment venir au monde? (…)
il faut étreindre et se conjuguer »

L'histoire mondiale de ton âme est le titre générique d'un grand ensemble dramatique en devenir, composé de séries de 9 « plateaux » de 30 minutes, en trois mouvements, pour trois interprètes.

À l’inverse de certains shows contemporains — versions postmodernes des « zoos humains » du XIXe siècle — dont les acteurs téléréels s’exténuent à convaincre qu’étant suprêmement de leur temps ils sont indispensables à leur époque, ce vivarium théâtral expose une collection de présences intranquilles, hantées par l’inconsistance, la superfluité et l’oubli.

« Loin, loin de toi se déroule l’histoire mondiale…
l’histoire mondiale de ton âme »
Franz Kafka

Peut-être s’agit-il ici de faire fuir tout système, en optant pour une dramaturgie instable, dont l’auteur revendique l’irrégularité foncière : faire fuir, ou déjouer les logiques formelles ; passer ex abrupto d’un registre à l’autre ; suspendre l’action en cours ; crever le tuyau des résolutions narratives ; brouiller les pistes, cultiver l’incertitude : superposition de scénarios contradictoires, jeux de reflets et miroirs déformants, incohérences ostensibles, coq-à-l’âne, changements d’adresses intempestifs…

Tracer la ligne, les lignes incertaines d’un rapport au monde hésitant, tant fantasmatique que réel, velléitaire, dubitatif, incohérent, erratique, cafouilleux…

HAM (avec angoisse) — Mais qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui se passe ?
CLOV. — Quelque chose suit son cours.
Samuel Beckett - Fin de partie

→ intentions

UNE ŒUVRE MONUMENTALE

« C’est une œuvre que d’aucuns pourront qualifier de délirante qu’a entrepris d’écrire Enzo Cormann. Œuvre débutée il y a deux ans et qui devrait l’accompagner durant encore une dizaine d’année (!). Ce projet d’écriture au long cours se propose de nous donner à voir, au fil de 11 volumes de neuf pièces de 30 minutes en trois mouvements pour trois acteurs, les effets singuliers sur nous-mêmes comme sur le monde, de notre présence au Monde.

À ce jour, 23 de ces courtes pièces ont été écrites.

Dans le droit fil de notre dernière création commune (Hors-jeu – Création à Avignon 2014), je souhaite pouvoir donner à entendre certaines de ces pièces, manière de feuilleton métaphysique éminemment théâtral, lors des trois prochaines saisons. Économie rudimentaire, geste artistique que nous espérons léger et gracieux, aventure de troupe d’acteurs réunis autour d’une écriture d’aujourd’hui, cette aventure a d’ores et déjà trouvé deux de ses principaux soutiens : Château Rouge à Annemasse et le Théâtre de Poche de Genève. »

Philippe Delaigue

MONDE(S)

« On naît (et on est) simultanément soi-même et le monde, et non pas, comme pourrait nous le faire croire la lecture quotidienne des « nouvelles » du monde, face au monde comme devant un paysage. Nous sommes bel et bien engagés dans le monde, morceau du monde ; le monde se compose de nous, ainsi que des objets qui composent son paysage ; nous en sommes les membres et les acteurs.

L’histoire mondiale de ton âme, c’est l’histoire d’un désastre — pas seulement l’histoire ou la chronique d’une catastrophe, mais le tableau d’un naufrage ontologique : portrait d’un être-au-monde qu’on dirait exilé — et égaré — en terre étrangère. L’histoire de ce qui a été perdu, et d’un manque qui nous hante.

Je m’engage aujourd’hui dans la composition d’un grand ensemble sériel de drames brefs avec le sentiment d’avoir trouvé un territoire d’écriture susceptible de faire droit à l’hétérogénéité de l’être-au-monde : déclinaison et/ou combinaison des modes épique, dramatique, lyrique et argumentatif – mais également : discursif, documentaire, philosophique, métathéâtral... renvoyant à l’infinie variété de nos modes de rapports au monde et des représentations qui en découlent. »

Enzo Cormann

TROIS

Trois est décidément un bon nombre : un nombre asymétrique, bancal, impair, instable — que sais-je ? trinitaire ! — un si bon nombre qu'il me paraît tout à coup possible et raisonnable de n'écrire dorénavant pour le théâtre que sous forme de trios d'une trentaine de minutes.

Je résous d'opter pour ce format contraint comme d'autres réduisent délibérément leur palette de peintre ou leur instrumentarium de percussionniste.

Cet infini diminutif ritualisé me paraît constituer un agencement d'énonciation ouvert, non joué d'avance — en dépit du spectre triangulaire oedipien qui hante le théâtre... Il ne s'agit évidemment pas de rabattre le politique sur l'intime mais au contraire de regarder le monde au microscope théâtral, sous l'angle des stratégies de pouvoir, de conquête, de colonisation, de contrôle et de domination : l'interpersonnel est une politique.

Enzo Cormann
→ Histoires 17 — 18

Nous commençons ce joyeux travail théâtral durant la saison 17-18, avec la mise en espace de trois de ces pièces, réunissant des acteurs suisses et français, sur le plateau de la Scène nationale du Jura. Deux de ces trois pièces feront l'objet de tournées en appartements dans le Jura, mais aussi à Annemasse et dans ses environs durant le printemps 18.

Voici le résumé des trois histoires que nous avons choisi de créer pour vous inviter à plonger dans ce grand ensemble dramatique en devenir.

A good story

À l'heure où 300 millions d'inscrits sur les listes électorales, représentant un demi milliard d'êtres humains, sont appelés à voter pour l'élection du Président des États-Unis d'Europe, Jan Smrt, donné ultra favori par les sondages, tire des plans sur la comète en présence de sa maîtresse et de son spin doctor.

N'importe qui

La patronne d'une petite entreprise de transport planche tard le soir sur ses comptes, quand survient un homme qui aimerait connaître les raisons pour lesquelles elle n'a pas cru bon de retenir sa candidature au poste de comptable. Mais la situation est-elle pour de bon ce qu'elle paraît être ? ou bien est-elle le premier mouvement du rêve capricieux de l'un des trois protagonistes ? — ou de n'importe qui ?

Temps mort

Tous comptes faits, Abel aura passé les deux tiers de sa vie adulte en prison. Dans sa cellule mentale, coexistent le jeune homme qu'il était lors de son premier séjour en prison, le taulard endurci et amer qu'il est devenu au fil des ans et des incarcérations, et le sexagénaire taquinant la métaphysique, à l'heure de son ultime élargissement.


→ équipe
texte

Enzo Cormann

mise en scène

Philippe Delaigue

AVEC

Jean-Aloïs Belbachir, Enzo Cormann, Roberto Garieri, Véronique Kapoian, Margaux Le Mignan, Hélène Pierre

LUMIÈRES

Sébastien Marc

scénographie/COSTUMES

Bertrand Nodet, Cerise Guyon

© photo fond d'écran

François de Coninck, Bye buy world, 1998

→ production
production

La Fédération - cie Philippe Delaigue.

Coproductions

Château Rouge - Scène conventionnée – Annemasse Scènes du Jura – Scène Nationale – Lons-le-Saunier 

POCHE/GVE

Les Colporteurs, avec le soutien du Conseil du Léman

→ élément à télécharger

Histoire mondiale de ton ame